Les deux silences.Celui qu’on choisit et celui qu’on subit.

Il existe une compétence de leadership dont on ne parle presque jamais, parce qu’elle ne se voit pas. Ce n’est pas la prise de parole, c’est son inverse. Savoir quand se taire est l’une des marques les plus fiables d’un dirigeant qui maîtrise son environnement. Et c’est aussi, dans d’autres circonstances, le symptôme d’un dirigeant qui a renoncé. Le problème, c’est que ces deux silences se ressemblent parfaitement de l’extérieur.
Le mentor masculin : ce qu’il peut apporter, et ce qu’il ne pourra jamais.

Je lui ai dit : sois plus directe, impose-toi, ne t’excuse pas. Elle a suivi mon conseil. Elle n’a pas eu le poste. Le retour informel : elle avait été perçue comme « un peu trop sûre d’elle ». Un homme avec le même dossier aurait probablement été décrit comme ayant du caractère. Ce jour-là, j’ai compris que mon conseil venait de mon expérience, dans mes conditions, et que ces conditions n’étaient pas les siennes.
Le jour où défendre les femmes est devenu combattre les hommes

Un homme parle de son fils qui souffre. Deux femmes soupirent. En trois secondes, la salle s’est scindée en deux camps. Personne n’était de mauvaise foi. Et pourtant le débat était devenu impossible. Les souffrances des uns ne se soignent pas en aggravant celles des autres. Le lien de causalité qu’on suppose entre les deux n’existe pas.
Homogénéisation ou complémentarité ? Ce que le leadership féminin doit vraiment à l’homme.

Confondre égalité et identité est une erreur conceptuelle qui coûte cher en pratique. L’égalité, c’est la reconnaissance de la même valeur, des mêmes droits, des mêmes chances. Ce n’est pas l’effacement des différences. Hommes et femmes ne sont pas interchangeables. Ils sont complémentaires. Et cette complémentarité, quand elle est assumée sans hiérarchie, est l’une des ressources les plus puissantes qu’une organisation puisse activer.
Le leadership féminin en temps de crise.

Il y a un moment dans une crise où l’on voit vraiment qui dirige. Le moment où quelque chose s’effondre, où personne ne sait exactement quoi faire, et où quelqu’un doit décider. Les femmes qui dirigent en temps de crise ont souvent une façon de faire qui produit des résultats différents. Pas meilleurs par essence. Différents par construction. Et dans certaines configurations, nettement plus efficaces
Héritières de reines, privées de trônes.

ans notre culture, ce n’est pas comme ça que ça se passe. » Quelle culture, exactement ? Et à quelle époque ? Njinga gouvernait. Yaa Asantewaa commandait des armées. En France, les femmes ne pouvaient pas ouvrir un compte bancaire seules il y a soixante ans. La marginalisation des femmes n’est pas une tradition africaine. C’est une régression universelle et récente.
Ce que les femmes s’interdisent avant même qu’on le leur interdise.

Personne ne leur avait rien interdit. Elles s’étaient interdites elles-mêmes. L’auto-censure qui précède la discrimination est souvent plus puissante que la discrimination elle-même. Parce qu’elle est intériorisée, et prise pour son propre jugement.
Pourquoi certaines femmes reproduisent, une fois au pouvoir, ce qu’elles ont combattu.

Dix-huit mois après sa nomination, une femme qui avait combattu pendant des années le management autoritaire de son prédécesseur reproduisait, presque trait pour trait, ce qu’elle avait dénoncé. Pourquoi certaines femmes, une fois au pouvoir, reproduisent exactement ce qu’elles ont combattu pour y arriver ?
La femme africaine est forte. Et c’est parfois le problème

La femme africaine est forte. » C’est vrai. Ce n’est pas une image. Mais il y a quelque chose dans cette phrase qui mérite qu’on s’y arrête. Quelque chose qui, sous l’hommage, cache parfois une injonction. Et une injonction peut faire autant de mal qu’une interdiction.
Ce que les femmes se transmettent, et ce qui se perd quand elles ne le font pas.

Il y a une question que je pose aux femmes en particulier celles qui sont à des postes de responsabilité: est-ce qu’il y a eu une femme, dans votre parcours, qui vous a montré que c’était possible ? Certaines citent une mère, une directrice, une phrase entendue une fois. D’autres répondent non. Et dans ce non, il y a quelque chose d’assez lourd.
